Impôt sur les sociétés : calcul et taux de l’IS, ce qui change avec la nouvelle réforme

L'impôt sur les sociétés représente un enjeu majeur pour les entreprises françaises, qu'il s'agisse de jeunes structures ou de groupes établis. Comprendre son fonctionnement, ses mécanismes de calcul et les récentes évolutions réglementaires permet aux dirigeants d'optimiser leur gestion fiscale et d'anticiper leurs obligations déclaratives.

Comprendre le fonctionnement de l'impôt sur les sociétés

L'impôt sur les sociétés concerne un large éventail d'entreprises en France. Son application dépend de la structure juridique choisie lors de la création d'entreprise et des caractéristiques de l'activité exercée. Ce dispositif fiscal repose sur des principes précis qui déterminent quelles entités y sont soumises et comment la base imposable est établie.

Les entreprises concernées par l'IS

Par défaut, toutes les sociétés de capitaux sont automatiquement assujetties à l'impôt sur les sociétés. Cela inclut notamment les SARL, les SAS, les SASU, les SA, ainsi que les sociétés coopératives et les SEL. Ces structures ne peuvent échapper à ce régime fiscal, sauf situations exceptionnelles prévues par la législation. En revanche, d'autres formes d'entreprises ont la possibilité d'opter pour ce régime. Les entrepreneurs individuels assimilés à l'EURL, les EURL elles-mêmes, les SNC, les SCS, les SCP et les SEP peuvent choisir d'être imposés à l'IS plutôt qu'à l'impôt sur le revenu. Cette option n'est toutefois pas accessible aux micro-entrepreneurs qui restent soumis à des règles spécifiques.

Pour certaines sociétés de capitaux qui souhaiteraient basculer vers l'impôt sur le revenu, des conditions strictes doivent être respectées. L'activité principale doit être de nature commerciale, artisanale, agricole ou libérale. La société ne doit pas être cotée en bourse et doit compter moins de cinquante salariés. Son chiffre d'affaires annuel ou son bilan total ne peuvent excéder dix millions d'euros. De plus, l'entreprise doit avoir été créée depuis moins de cinq ans. Enfin, les droits de vote doivent être détenus à au moins cinquante pour cent par des personnes physiques, dont au moins trente-quatre pour cent par les dirigeants. Ces critères restrictifs limitent considérablement le nombre d'entreprises éligibles à cette option.

Base imposable et période d'imposition

La base imposable de l'impôt sur les sociétés correspond aux bénéfices réalisés par l'entreprise au cours d'un exercice comptable. Cette période d'imposition coïncide généralement avec l'année civile, bien que certaines entreprises puissent opter pour un exercice décalé selon leurs besoins opérationnels. Le calcul de la base imposable prend en compte l'ensemble des produits diminués des charges déductibles, dans le respect des règles fiscales en vigueur. L'excédent net d'exploitation constitue un indicateur clé pour évaluer la performance économique avant application des taux d'imposition.

Les obligations déclaratives varient selon le régime d'imposition applicable à l'entreprise. Les sociétés relevant du régime réel simplifié ou du régime réel normal doivent déposer une déclaration annuelle de résultat. Cette démarche s'effectue obligatoirement par voie électronique, soit via le système EDI-TDFC, soit via l'interface EFI. Le délai de dépôt est fixé en principe à trois mois suivant la clôture de l'exercice. Toutefois, pour les entreprises dont l'exercice se termine au trente et un décembre, des spécificités s'appliquent. Un avantage notable réside dans le fait qu'un délai supplémentaire de quinze jours calendaires est accordé lorsque la déclaration est effectuée par téléprocédure, offrant ainsi une souplesse bienvenue aux gestionnaires.

Les taux d'imposition applicables selon votre situation

Le système fiscal français applique différents taux d'imposition en fonction de la taille et des caractéristiques des entreprises. Cette approche progressive vise à favoriser les PME tout en assurant une contribution équitable des grandes entreprises. Les seuils de chiffre d'affaires et la composition du capital social jouent un rôle déterminant dans l'application de ces taux.

Taux réduit pour les PME et seuils de chiffre d'affaires

Les PME bénéficient d'un taux réduit de quinze pour cent sur la première tranche de leurs bénéfices, jusqu'à quarante-deux mille cinq cents euros. Ce dispositif avantageux n'est toutefois pas automatique et requiert le respect de trois critères cumulatifs. Premièrement, le capital social doit être détenu à au moins soixante-quinze pour cent par des personnes physiques ou par une société elle-même détenue à au moins soixante-quinze pour cent par des personnes physiques. Deuxièmement, le capital social doit être intégralement libéré. Troisièmement, le chiffre d'affaires hors taxe ne doit pas excéder dix millions d'euros. Ces conditions garantissent que seules les véritables petites et moyennes entreprises profitent de cet avantage fiscal.

Le Projet de Loi de Finances pour 2026 prévoit une évolution majeure de ce dispositif. Le seuil d'application du taux réduit serait porté à cent mille euros, contre quarante-deux mille cinq cents euros actuellement. Cette mesure constituerait une avancée significative pour les PME concernées, leur permettant de réaliser une économie fiscale pouvant atteindre cinq mille sept cent cinquante euros. Cette proposition doit encore être validée par le Sénat et une commission mixte paritaire avant d'être promulguée, mais elle témoigne de la volonté des pouvoirs publics de soutenir le tissu économique des entreprises de taille moyenne.

Taux normal et tranches d'imposition

Au-delà du seuil ouvrant droit au taux réduit, le taux normal de vingt-cinq pour cent s'applique sur l'ensemble des bénéfices. Ce taux a connu une diminution progressive entre 2016 et 2022, passant de trente-trois virgule trente-trois pour cent à vingt-cinq pour cent. Cette baisse visait à rapprocher la fiscalité française de la moyenne observée dans les pays de l'OCDE, renforçant ainsi l'attractivité du territoire pour les investissements et la compétitivité des entreprises marchandes.

Pour évaluer l'effet réel de cette réforme fiscale, les experts utilisent le taux implicite brut d'imposition. Cet indicateur rapporte l'impôt sur les sociétés, hors crédits d'impôt, à l'excédent net d'exploitation des entreprises. Pour les entreprises marchandes, en excluant les secteurs financier et agricole ainsi que les effets des réformes du CICE et de la CET, ce taux est passé de vingt virgule sept pour cent en 2016 à dix-sept virgule cinq pour cent en 2022. L'écart entre le taux implicite et le taux normal s'explique par l'existence de taux réduits et les variations de la base imposable. Les PME présentent un taux implicite brut plus élevé, établi à vingt-trois virgule un pour cent en 2016, avec une diminution plus faible sur la période, de seulement un virgule sept point par rapport aux grandes entreprises. Ce taux implicite des PME se rapproche progressivement de celui des TPE, qui a même légèrement progressé de zéro virgule quatre point sur la même période, illustrant les disparités d'impact de la réforme selon la taille des structures.

Les nouveautés de la réforme fiscale

La réforme de l'impôt sur les sociétés engagée ces dernières années s'inscrit dans une dynamique de simplification et d'harmonisation européenne. Elle intègre également des dispositifs transitoires destinés à accompagner les entreprises dans leur adaptation aux nouveaux barèmes. La veille fiscale devient ainsi indispensable pour les dirigeants souhaitant optimiser leur économie fiscale.

Évolution des barèmes et calendrier d'application

Le calendrier de paiement de l'impôt sur les sociétés demeure structuré autour de quatre acomptes trimestriels et d'un solde. Les acomptes doivent être versés aux dates du quinze mars, quinze juin, quinze septembre et quinze décembre. Le solde doit être acquitté au plus tard le quinze du quatrième mois suivant la clôture de l'exercice. Ce mécanisme permet à l'administration fiscale de percevoir l'impôt de manière échelonnée tout au long de l'année, évitant ainsi une charge trop concentrée pour les entreprises. Une dispense d'acomptes est prévue lorsque l'impôt sur les sociétés est inférieur à trois mille euros ou pour les sociétés nouvellement créées, leur offrant une souplesse de trésorerie appréciable durant leurs premières années d'activité.

Les seuils du régime réel simplifié de TVA, applicables pour les années 2023, 2024 et 2025, définissent également les modalités déclaratives des entreprises. Pour le commerce et la restauration, le chiffre d'affaires doit se situer entre quatre-vingt-cinq mille euros et huit cent quarante mille euros. Pour les prestations de services, cette fourchette s'établit entre trente-sept mille cinq cents euros et deux cent cinquante-quatre mille euros. De plus, la TVA due doit rester inférieure à quinze mille euros. Ces critères déterminent si une entreprise relève du régime réel simplifié ou du régime réel normal, avec des implications directes sur la fréquence et la complexité des déclarations.

Dispositifs d'exonération et mesures transitoires

Plusieurs dispositifs d'exonération existent pour alléger la charge fiscale des entreprises dans des situations particulières. Ces mesures visent notamment à encourager l'installation dans certaines zones géographiques, à soutenir les jeunes entreprises innovantes ou à favoriser la transmission d'entreprises. L'assistance juridique devient alors précieuse pour identifier les opportunités d'optimisation fiscale et respecter les conditions d'éligibilité souvent complexes.

Les ressources documentaires et modèles à télécharger en matière de TVA, impôts et placements constituent des outils précieux pour les dirigeants et gestionnaires. De nouvelles formations comptables et fiscales sont régulièrement proposées pour accompagner les professionnels dans la maîtrise de ces évolutions. Les offres destinées aux experts-comptables et gestionnaires de paie incluent des services de veille, actualités, jurisprudence, webinaires et outils de gestion. L'assistance juridique, fiscale et patrimoniale permet aux entreprises de naviguer sereinement dans un environnement réglementaire en constante mutation, garantissant ainsi la conformité de leurs pratiques et l'optimisation de leur situation fiscale.